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Le Couronnement

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Déliquescences politiques

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Je vis alors des aigles morts encercler le ciel
d'une lugubre couronne.

 

Ambiance

Une question me préoccupe lorsque j'observe ce qui se déroule en France et dans le monde depuis le mois de mars 2020. À cette époque l'atmosphère s'imprégna d'un changement très énigmatique. Les choses devenaient froides, sombres, syncopées et bizarres. Un vent de folie parcourait les ruelles de la vieille ville aux murs jadis fertiles en souvenirs, s'étendait aux rêves illimités des chemins de campagne, enveloppait les collines arborées aux mélodies saisonnières, escaladait les monts d'oiseaux de chuchotements et de trilles, descendait dans les vallées de vie aux rivières limpides, et entaillait la mer que l'on devinait sous le miroir attristé du ciel.

Qu'est-il arrivé, et pourquoi rien dans la rumeur sourde des passants ne révélait l'amorce d'une interrogation ? Je ne parle pas des petites questions ordinaires, de celles qu'on se pose quotidiennement lors d'un événement inattendu, quand la réponse s'empresse de venir à la conscience sous la forme d'une certitude ou d'un doute. Un peu de temps s'écoule et tout disparaît par la magie de l'instant qui cède constamment sa place à l'instant suivant. Une question, puis une autre indéfiniment... Une question puis une autre... Simple rumeur...  Ici l'interrogation, le questionnement, aurait dû prendre une place prépondérante dans l'esprit de chacun.

 

L'interrogation

L'interrogation qui me retient semble avoir été jetée aux oubliettes. Il est curieux qu'elle n'entraîne pas de réponse sous la forme d'une certitude ou d'un doute. Il est vrai que la première est impossible quand il n'y a rien à quoi s’agripper, quand nos mains tâtonnent dans une nuit sans escale. Qui peut accrocher son manteau au vide intersidéral ? Sans certitude facile à engloutir, il ne reste que le doute qui habituellement appelle à la rescousse une pléiade d'interrogations, mais ici il ne débouche sur aucune question capable de donner un petit éclairage, une simple lueur qui par la suite mènerait à une autre lueur tout aussi fragile jusqu'à une solution assez acceptable pour être acceptée. Au lieu de cela, d'une manière extravagante le doute se transforme en certitude, il devient lui-même le temple de la certitude. Le doute, le sans lendemain, l'éternel balancement se transforme en une certitude pleine ou agit comme tel. Ainsi, de la dualité entre la certitude et le doute il ne reste que le premier terme, le second n'existe pas et n'existera plus jusqu'à un éventuel réveil, et la conscience apeurée s'en va, à pas de loup, se vautrer sous les buissons douillets d'un lointain astre en sommeil.

Ce doute élevé au rang de certitude est bien étrange, et lorsqu'on cherche ce qu'il pourrait bien être en ressassant l'idée de certitude et l'idée de doute, on ne trouve qu'une espèce de torpeur, une lumière sombre, comme celle qui dégouline dans les caves moisies de l'angoisse. La torpeur mêle la satisfaction de la certitude aux ténèbres du doute. Bref, ce n'est pas une lumière qui éclaire, mais une absence de lumière, le gardien du royaume de l'éternelle cécité. Ainsi les fugitifs s'éclairent avec leur ombre, grâce à laquelle ils ne sauront jamais où aller et finiront dans les filets du temps à rebours. En l'absence de certitude, on se contente de la caresse émolliente de la torpeur, et la vie se laisse glisser dans les caniveaux délétères d'un oubli assumé.

D'après une légende aussi incertaine que tout ce qui est écrit ici, le temps à rebours règne dans les marécages habités par des êtres emplis de la rancœur d'avoir mal vécu. Le temps à rebours est un instant qui se bloque dans la fascination ridicule du néant, pas même éclairé par le misérable rayon qui soulignerait une porte, comme pour indiquer qu'une sortie est toujours possible.

L'interrogation fait place à la torpeur qui installe lentement les graines de la soumission et de la passivité.

La conscience

Les événements qui se déroulent actuellement dans le monde demandent une prise de conscience exceptionnelle de la part de chacun. On s'aperçoit que certaines personnes prennent conscience tandis que d'autres ferment leurs fenêtres, prétextant un courant d'air malsain. Suivant nos tendances, nous ne voyons rien, nous voyons sans réagir ou nous agissons dans un sens ou dans un autre. Chaque individu se comporte différemment. C'est une conscience fortement conditionnée qui opère dans la perception des événements, les qualifiant d'agréables, d'ennuyeux, de durs ou de tranquilles. Utilisée dans la vie courante, elle est la petite lumière qui guide la vie comme elle le peut. Elle est dualiste et ne voit pas une réalité panoramique mais les quelques objets disposés sur l'étal de nos états d'âme. Ainsi, que nous soyons conscients ou pas, nous sommes dans le même bateau amarré sans le savoir à sa propre coque.

Nous avons tous un karma plus ou moins difficile à épuiser, et cette époque résiduelle est plutôt celle des karmas lourds. Puisque le karma s'élabore à partir de nos actes passés, nous sommes donc pour une part responsables des situations que nous vivons. Nous avons la possibilité d'adoucir les effets de notre karma par différents moyens, dont la purification de l'esprit et les actes positifs.

On a tord de croire que le karma enlève toute liberté. Il ne faut surtout pas délaisser la morale, cette incitation à ne pas nuire à autrui qui s'élève en nous avant chaque décision. La véritable morale n'est pas une convention, mais une intuition qui vient de beaucoup plus haut, de l'union essentielle qui siège bien au-dessus des nuages en errance. Elle est comme un petit souvenir de l'être tombé dans le marais de la manifestation.

En résumé, la conscience dualiste entièrement dépendante des tendances et des émotions perturbatrices  conduit aux comportements que l'on peut imager de la manière suivante : 1 - l'aveugle servile qui ne voit rien et se soumet, 2 - le bélier aveugle qui ne voit rien mais enrage, 3 - le spectateur engourdi qui voit et reste passif, 4 - le spectateur prosterné qui voit et se soumet, 5 - l'acteur éclairé qui voit et résiste.

Les peurs

La torpeur est un no man's land qui empêche la colère de s'élever, faute d'objet contre lequel la manifester. C'est un peu comme frapper dans le vide à la suite d'un choc émotif ou d'une violation de l'entendement. Parfois la peur génère de la torpeur, ou bien c'est l'inverse. La peur se situe au niveau émotionnel, la torpeur à l'étage cognitif. Pour employer une formule métaphorique : la peur est une torpeur émotionnelle, et la torpeur une peur cognitive. Dans les deux cas il y a un arrêt, un blocage, une suspension de la lucidité... Lorsqu'une propagande cherche à terroriser, ce sont des mots qui arrivent à l'oreille, et ensuite très rapidement le système émotionnel prend le relais. Il y aurait donc d'abord la torpeur, puis la peur. Quand nous sommes confrontés à un spectacle épouvantable, ce serait d'abord la peur puis immédiatement après la torpeur. 

Prenons le cas d'une propagande terrorisante qui parvient aux oreilles d'un individu intellectualisé fonctionnant en mode croyance. Il a la certitude que l'information reçue est vraie, puisqu'il a une confiance aveugle envers le politicien ou le média qui en est la source.  Il est donc imprégné d'une certitude, mais comme l'information est en même temps terrifiante, il n'est pas tout à fait rassuré. Il remplace cet objet de certitude trop terrifiant par un déni, un écran de ténèbres, et il tombe dans la torpeur. Si l'individu n'était pas intellectualisé, à la torpeur s'ajouterait de la peur.

Certaines pratiques permettent de réduire les effets négatifs survenant à l'étage émotionnel. Lorsque tout l'aspect émotionnel a disparu, il ne reste que la torpeur, comme c'est le cas chez des personnes très intellectualisées. Elles restent calmes, mais en même temps, elles perdent conscience de la réalité. Par exemple, elles peuvent laisser mourir un être humain en train d'agoniser à leur côté, sans la moindre compassion. Elles assistent passivement à tout ce qui arrive, se contentant de quelques arguments vrais ou faux qui leur permettent de conserver une certaine satisfaction intellectuelle... Ce qui est appelé "intellectualisé" ici, ne se réfère pas forcément à de grands intellectuels ou à des personnages d'une vaste érudition, mais également aux individus beaucoup plus nombreux qui ont une croyance aux concepts, c'est-à-dire qui n'ont pas le recul nécessaire pour appréhender le concept pour ce qu'il est. Il existe des méditations pour se défaire de cette croyance, mais elles sont difficiles et longues à pratiquer pour obtenir un résultat signifiant.

Les Moutruches

Tandis que les aigles étaient déchus de leur trône, les boulevards et les ruelles se peuplaient d'une catégorie d'êtres surnommés les "moutruches" parce qu'ils tenaient à la fois des moutons et des autruches. Il n'y avait rien de guerrier chez eux. Ils n'avaient aucune envie de se défendre contre les excréments rejetés par les aigles rendus furieux par leur déchéance. Au contraire, ils les acceptaient et s'en nourrissaient en faisant croire aux autres qu'ils s'alimentaient avec des plats succulents que leur offrait le ciel. Bien sûr, on se demandait pourquoi ils en étaient arrivés à un tel niveau de stupidité ou d'hypocrisie. On supposait une drogue d'un genre nouveau, une hypnose collective, ou une transformation de la conscience due à l'intervention d'esprits bizarres et malveillants.

Or les "moutruches" jouent un rôle important dans le nouvel ordre mondial, car Ils forment le support sur lequel l'industrie transhumaniste construira le trans-humain, cet individu infra-humain muni d'une intelligence artificielle et d'une conscience suffisamment obscurcie pour jouer le rôle qui lui est assigné par l'algorithme qui "pense" pour lui. Leur défaut de conscience leur permettra d'être toujours heureux, comme le sont les êtres qui dorment d'un sommeil profond, plus heureux encore que des chinois bénéficiant d'un crédit social maximal mais pas autant que les cochons qui se vautrent dans le purin et les eaux troubles.

 

Croyance et discernement

Les personnes en mode croyance et celles en mode discernement se comportent différemment. En mode croyance, on se soumet à ce qui est conforme à nos certitudes, sans critique, tandis qu'en mode discernement, on étudie la situation avant de prendre une décision. En mode croyance, notre comportement sera plutôt de type 1 (aveugle servile) ou 4 (spectateur prosterné), tandis qu'en mode discernement il sera plutôt de type 4 (spectateur prosterné) ou 5 (acteur éclairé).

Une personne en mode croyance mettra longtemps pour passer du comportement 1 au comportement 5. Il lui faudra  passer par une longue phase de prise de conscience qui se déclenchera probablement suite à un événement suffisamment interpellant pour l'obliger à sortir de son confort. Il n'est pas sûr que cet événement le fera passer du mode croyance à celui du discernement, il restera plutôt dans la croyance en se contentant d'en changer le contenu. 

Les morales

La morale peut être incluse dans nos tendances, et dans ce cas elle est une règle de conduite innée. S'y ajoute l'éducation avec ses règles de conduite apprises. La morale peut également provenir d'une intuition profonde venant de plus haut que les tendances. Chez une personne qui fonctionne en mode croyance, la morale est incluse ou non dans ses croyances. Si elle est incluse, elle peut être le déclencheur d'une prise de conscience quand par exemple la propagande des aigles déchus se montre contraire à la morale d'une manière trop choquante. Si elle n'est pas incluse, le facteur déclencheur sera plutôt une atteinte à l'intégrité de la personne ou à celle de proches. 

Chez une personne  fonctionnant en mode discernement, la morale peut être intégrée ou non à son jugement. Si elle l'est, la personne agira de façon adaptée au problème. Si la morale n'est pas intégrée, si par exemple l'individu est corrompu, il agira dans son propre intérêt plutôt que pour un bénéfice général. Dans le mode de discernement parfait (extérieur et intérieur), la morale est implicite, et le comportement de la personne concernée sera le plus juste en fonction de ses capacités et de son rôle social.

La conscience pure

Passons du creux des vallées aux hauteurs des sommets. Il existe aussi la conscience pure, non dualiste, panoramique, en union, l'union elle-même. Lorsqu'on s'y pose souvent, très souvent, on est de moins en moins sensible aux tendances et aux émotions perturbatrices. Le cas échéant, la perception est plus vaste et moins biaisée, et l'on a une idée plus claire de ce qui se passe. Cette éventualité est assez rare, et dans la réalité, on perçoit les choses d'une manière faussée, on peut donc rester aveugle à ce qui se passe ou avoir la chance de déceler quelques bribes de réalité. La personne qui se pose souvent dans la conscience pure est un spirituel, celle qui l'ignore est un matérialiste. Ainsi le premier est mieux armé que le dernier pour repérer une atteinte à l'harmonie universelle, une immoralité.

Certains projets d'aigles déchus visent à interdire l'accès à la conscience pure aux individus destinés à devenir leurs esclaves. Cela ne semble pas dénué d'humour lorsque l'on sait que la déchéance des aigles est une autre façon d'indiquer leur perte d'accès à cette conscience pure. Ces êtres déchus désirent donc pourvoir une énorme quantité d'êtres humains de leur propre déchéance. Leurs procédés découlent souvent de méthodes utilisées par des psychopathes criminels qui profitaient de l'immunité des guerres pour assouvir leur perversité.

Rôle de l'éducation

L'éducation est primordiale, car elle permet d'apprendre à agir au mieux face aux agissements destructeurs des aigles déchus. Une éducation où la morale est remplacée par des conventions répondant aux goûts et intérêts des marchands ne permet pas de comprendre le sens profond de la morale. De même, une morale basée sur le sentimentalisme, même si elle est la seule possible pour les enfants en bas âge, n'est pas authentique. Être moral, c'est ne pas nuire aux autres, mais le problème qui apparaît dans la réalisation de ce magnifique souhait réside dans la subjectivité du sentiment de nuire... A chaque âge sa morale adaptée, jusqu'au moment où la mayonnaise prend, que l'on a réalisé la véritable nature de la morale et qu'il n'y a plus rien à fabriquer.

L'éducation permet aussi d'aiguiser le discernement nécessaire à la morale. Celle-ci peut d'ailleurs être considérée comme un discernement particulier qui porte sur le bien (ce qui aide autrui) et le mal (ce qui le fait souffrir). Les études littéraires permettent de développer le discernement  approprié aux êtres, et les études scientifiques accroissent la précision des recherches (sciences exactes) et obligent à regarder le réel (aspect expérimental) de temps en temps plutôt que de se satisfaire du subjectif.

La morale est souvent examinée de manière sentimentale (c'est bien / pas bien de faire ça), comme si on considérait avant tout l'aspect émotionnel qui accompagne l'accomplissement d'un acte juste. On peut la regarder d'une autre manière, par exemple comme une accumulation d'actes qui ne nuisent pas aux autres et à soi-même. Les actes sont des pensées, des paroles, ou des actions physiques. Ce peut être très spontané, mais parfois la lourdeur de l'ego y rajoute un lyrisme inutile... Viser l'acte désintéressé, ne faire qu'un avec lui, semble intéressant. 

S'informer

S'informer, c'est remonter jusqu'à la source des informations et ne pas se contenter des comprimés médiatiques ou des bruissements et hurlements de la rue. Seul le mode discernement fournit la volonté de regarder plus loin que les premières annonces. L'idéal est que l'information soit vérifiable immédiatement, quand par exemple nous sommes en présence de son contenu. Mais ce cas est rare. En général, nous sommes obligés, en ces temps de confusion, de vérifier la validité de l'information, sa logique, sa cohérence, et nous sommes en général contraints d'examiner plus profondément certains éléments de l'information, de contrôler l'honnêteté de l'informateur, de connaître ses dépendances, ses intérêts, la source de ses revenus qui peut-être douteuse. Il y a d'innombrables paramètres à considérer, en fonction de l'information elle-même et de son importance.

La quantité d'individus d'accord sur une information ne fait pas la qualité de celle-ci. En outre il faut tenir compte de notre propre subjectivité et de notre paresse à vérifier les choses. Lors de la crise covidaire des années 20, peu de gens connaissaient la vérité des faits parce que la plupart d'entre eux se référaient aveuglément aux annonces des médias dominants appartenant à des milliardaires et subventionnés par l'état, qui ne délivraient que des informations hautement travesties à leur profit. S'ils avaient effectué une vérification, une partie d'entre eux ne se seraient pas laissés entraîner dans les rets d'un totalitarisme en marche depuis des années, et en cours d'accélération avec les progrès hallucinants de la psychopathie malfaisante mondialiste. Les gens se sont fait piéger pour les raisons expliquées dans cette page et pour bien d'autres, que leur révélera leur alchimie personnelle. On peut remarquer que la vie intérieure a été mise à l'écart avec l'avènement de l'ère technologique, ce qui constitue l'une des raisons de l'aberration des jugements.

La vérification des informations est très importante. Souvent dans les joutes télévisées où chaque protagoniste ment autant que la salive le lui permet, des raisonnements sont jetés dans les tympans des adversaires à partir d'informations fausses pêchées dans les mers troubles de l'avidité raisonnante. La dialectique est donc inutile et ne sert qu'à envenimer les choses. C'est un peu comme se chicaner sur la couleur des cornes d'un lapin. Il vaudrait mieux se mettre d'abord en quête d'informations vraies. Les raisonnements paraîtraient alors très souvent inutiles. Lors des discussions médiatisées, nous assistons à des combats entièrement virtuels qui ne permettent pas de connaître la vérité. Il semble évident que nous faisons partie d'une civilisation décadente qui prend le virtuel pour la réalité et la réalité pour un délit.

Les aigles

Les aigles que je vis dans cette espèce de cauchemar n'étaient pas de véritables oiseaux, mais ils voltigeaient dans les corridors obscurs qui se forment abondamment dans l'imaginaire en des moments de questions irrésolues. Ces aigles avaient eu leur temps de gloire, mais à la suite des chantages, des menaces, des crimes innommables qu'ils avaient perpétrés à l'égard de la population, ils étaient tombés dans la déchéance, et du haut de leur ciel de came avaient sombré dans l'enfer des chiffres, des mensonges et des haines, qu'ils avaient eux-même créé sans vraiment s'en rendre compte, tant leurs optiques étaient torses et biaisées. Ils étaient morts en fait, et il ne restait d'eux qu'une carapace mise en mouvement selon l'algorithme étroit du mépris.

Dans ma vision, ces aigles faisaient écho à ce que je comprenais des médias lézardés et de la musique blasphématoire des poules cybernétiques obligées de pondre pour survivre dans leur cage électrique. Pourquoi cette atmosphère suicidaire ? me demandais-je avant, lorsque je n'avais pas encore découvert l'ampleur du drame glaçant du transhumanisme. Il est difficile pour un esprit élevé aux rationalités bienveillantes de ne pas rechercher une raison à ce malheur soudain pour les uns, prévisible ou programmé pour d'autres.

En quoi consistait leur déchéance ? Elle se situe dans le domaine de l'esprit, de la conscience. Les aigles avaient perdu l'accès à la conscience pure, et tout ce qu'ils entreprenaient de délires absurdes et de fêtes abyssales les en éloignait encore. A cause de cet égarement, ils avaient perdu la conscience de ce qu'ils étaient et de ce qu'étaient les autres.  Le monde se réduisait à un mur sans fin ricanant et fêlé...

La magie transforme le déni en remède parfait

La majorité des gens se taisaient comme si leur esprit s'était déjà moulé aux conditions d'une dictature qui n'avait pourtant pas encore atteint l'éclat paroxystique de sa stupidité criminelle. On aurait dit qu'une lourde masse s'était abattue sur leur crâne, et en même temps sur tous les crânes, sur des milliers de crânes, des millions de crânes, peut-être des milliards. Les paroles des médias intoxiqués et intoxicants semblaient avoir fait recette dans les jardins à la française, plus attirés par l'alignement des allées que par la liberté naturelle de la végétation. La parole des journalistes corrompus, sûrs de leur immunité internationale et bancaire, avait résonné dans les couches profondes de l'être inaccompli, transmettant des influences angoissantes dans les champs intérieurs les plus troubles. Le crime était presque parfait. Restait un problème que seule une loi martiale pourrait résoudre : une partie de plus en plus importante du poulailler désobéissait et jabotait dans le dos des miradors électromagnétiques.

Il n'y avait plus de véritable écoute dans les esprits confus nourris du vent des publicités et des éclairs d'informations éparses. Il y avait seulement des ordres à entendre et à exécuter, et ces ordres concernaient tous les domaines accessibles, des grosses tartuferies sociales aux secrets les plus intimes. La phase de discernement qui prend habituellement place entre la parole entendue et l'action avait disparu au profit d'une torpeur consternante parsemée des slogans de pies criardes, échappés d'algorithmes destructeurs.

 

Le secret des aigles déchus

Ainsi ces aigles déchus commençaient à détruire ce qu'ils n'avaient pu créer, même avec des milliards et des milliards de devises, des montagnes d'or, des océans de pots-de vin, des galaxies de mensonges et des chapelets de messes noires dégoulinantes. Ils utilisaient l'outil du chantage, n'hésitant pas à le diriger vers leurs pairs alias concurrents. Il leur fallait trouver le point faible, le talon d'Achille, un secret qui fasse très peur, si peur que l'élu de leur sort serait prêt à commettre n'importe quel méfait pour qu'il ne soit pas divulgué. Car ils désiraient accomplir le crime de la vie à grande échelle pour être les égaux de ce qu'ils prenaient pour des dieux mais qui n'étaient en réalité que des robots qui rampaient, logiciels tremblotants et regard de graphène, dans les marécages qui bordent les mondes imbéciles.

Le défaut principal des aigles déchus, c'est une énorme stupidité de conscience et la volonté d'élever cette stupidité au rang d'intelligence suprême. Souvent ils se réjouissent en voyant les gens les prendre pour des idiots, ils savent qu'en réalité ce sont les gens qui sont des idiots parce qu'ils ignorent l'existence du plan savamment conçu par les plus grands psychopathes et sociopathes de la terre, ils ne comprennent pas que ce plan est magnifique en tant qu'il permet de berner toute la population et de la rendre esclave avec son assentiment. C'est cette stratégie d'humiliation qu'ils pensent être de la haute intelligence alors qu'il ne s'agit que d'un abus de confiance à la portée de n'importe quel petit mafieux.

Pourquoi tout cela ?

Pourquoi la période paraît-elle si bizarre ? Pourquoi les gens ne réagissent-ils pas ? Certains experts répondent que c'est à cause de la peur. Mais cette raison semble bien insuffisante. Même en restant au niveau inférieur des causes, un aspect du problème non négligeable semble lié à l'intellect... Le monde intérieur conceptuel est éloigné du monde réel, au sens sensoriel et naturel du terme. L'intellect est un aveugle qui remplace son inaccessibilité à la nature par une féerie d'objets spéculatifs, sans épaisseur ni vastitude. L'intellect bâtit une cage dans laquelle il s'enferme petit à petit chaque fois qu'il dirige son besoin de savoir sur un concept.

Heureusement, il y a des périodes où l'esprit délaisse l'intellect pour prendre des vacances dans un monde plus près de la nature, avec des sensations, des rires et des pleurs. Et grâce à ces quelques moments, la cage ne se referme pas. Grâce à eux, l'esprit peut se connecter un peu à la réalité de sensations, d'expériences, d'épousailles grossières avec la nature. Personne ne dit que cette réalité est la réalité définitive, mais elle est nécessaire à l'équilibre pour des raisons que chacun trouvera en lui. On peut remarquer que l'on vit depuis des temps indéfinis en communion avec la nature, si bien que même si elle n'est rien de plus qu'un fantasme, chaque être humain a besoin d'elle. Pour l'instant, on ne sait pas si la nature est reliée à ce qu'on pourrait appeler le haut, d'autant plus que le haut est un concept correspondant à des expériences variées, et qu'il est relatif dès lors qu'il ne peut exister sans le bas.

Création d'un monde virtuel

Maintenant, que se passerait-il si un individu était complètement déconnecté de cette nature, au point de ne plus y avoir accès ? Il essaierait d'en créer une nouvelle à son image à partir de concepts, mais cette nature fabriquée ne serait pas harmonieuse, n'ayant pas été conçue entre autres selon les règles de l'art naturel de la manifestation. Car les règles de fabrication artificielles ne sont pas réalisées à l'étage de la production de la nature mais à l'aide de concepts permettant de manipuler des composés physiques et biologiques. Ce monde virtuel a des carences innées qui ne permettent pas l'harmonie avec la vie.

Il y a un danger, c'est que l'intellect une fois emprisonné, se coupe également du haut, ce qui signifie qu'il n'a plus accès à la conscience pure mais seulement à la conscience dualiste dégradée et ciblée. Le ciel est remplacé par un faux plafond. Tout le théâtre se déroule entre ce faux plafond et une montagne de concepts qui cache la nature. Il est alors impossible de voir au-delà du faux plafond, sans utiliser des outils spirituels c'est-à-dire verticaux.

La perte de la clarté

La perte de clarté concerne à la fois les aigles déchus et les très nombreuses victimes en incapacité de comprendre ce qui se trame vraiment dans la société actuelle. Ces personnes posséderaient-elles toutes les facultés mentales à la disposition de l'être humain, il leur manque une lucarne qui leur permettrait de mettre la situation en relation avec la clarté universelle pourtant enfouie en eux. Cette maladie spirituelle fait qu'ils voient une abondance de détails qu'ils ont la capacité de mettre en relation, mais qu'ils ne distinguent pas l'ensemble sous une forme intuitive assez pénétrante pour les alerter.

Lorsque l'intellect a pris trop d'importance, les croyances aux concepts deviennent de plus en plus solides, et le réel est de moins en moins interrogé. La société moderne technologique ne permet plus une harmonie entre l'esprit conceptuel et l'esprit immédiat, l'esprit spontané. Or ce dernier est le plus important, l'esprit conceptuel permettant principalement de mettre de l'ordre, il a un rôle de bibliothécaire, et quand il enfle, il étouffe l'esprit immédiat et l'harmonie avec l'universel. Quand l'esprit est à ce point asphyxié, il ne voit plus qu'un magma opaque, et la clarté devient inaccessible. La maladie de telles personnes est spirituelle plutôt que mentale, c'est une maladie de fond et non une détérioration des outils. L'élaboration de chimères dissimule la clarté des cimes.

En même temps que disparaît la relation avec la nature s'éclipse donc également la relation avec le haut. Il existe un courant entre la nature et le haut, le courant de la vie. Bien sûr il s'agit ici du haut relatif et non de la transcendance. L'intellect encombré met un voile en travers du courant de vie, détruit l'accès à une connaissance spontanée et universelle, et coupe le sentiment d'harmonie et de plénitude.

Dans cette opacité, la morale venant du haut est absente.  Ne resteraient que des conventions adaptées aux volontés des aigles déchus, qui seraient acceptées par endoctrinement, fascination, participation de drogues, goût de la facilité et complaisance avec la médiocrité.

L'illusion matérielle

La déchéance des aigles provient pour une part de leur excès de matérialisme, c'est-à-dire ici de leur avidité exclusive envers la matière au détriment de la vastitude spirituelle. Ainsi leur pensée est limitée à son aspect algorithmique, l'ouverture conscientielle étant négligée puisque, semblable à l'espace, elle ne peut être saisie. Ici le matérialisme consiste à prendre pour vrai un concept, un objet de pensée, un édifice entièrement fabriqué qui sent la mort pour qui  dispose encore d'une conscience ouverte. La solution pour limiter les dégâts intérieurs et extérieurs est dans l'ouverture bienveillante envers tous les êtres. Un spirituel ne cherche pas à saisir mentalement car il sait qu'il ne saisira que du vide, même si dans le théâtre du manifesté tout semble solide. C'est à cause de cette absence de saisie mentale que ses actes sont des non-agir.

Les aigles déchus sont extrêmement matérialistes, et la plupart du temps anti-spirituels. A la verticalité spirituelle, ils préfèrent un ersatz horizontal comprenant en haut les très riches et en bas les pauvres trans-humanisés pour être plus malléables. La base de leur élévation étant l'argent, la quantité sans qualité, on ne peut rien y trouver de haut au sens spirituel, mais on y reconnaît à profusion des escrocs, des mafieux, des pédophiles et des criminels, indices que certains peuples archaïques dépourvus de malveillance se permettent d'assimiler au bas.

Les chauves-souris

Il arriva un jour que les aigles furent surpris par des nappes de chauves-souris qui s'empressèrent de les recouvrir et de les rallier à leurs propres causes. Toute cette spoliation se fit à leur insu. L'événement était prévisible en étudiant la course des astres. C'était donc déterminé, quasi karmique. Il suffisait pourtant de faire preuve de vigilance pour ne pas tomber dans le piège, mais les aigles étaient déjà très assoupis par l'abus d'avidité et de psychotropes. Aussi ils ne virent rien venir.

 

Il est risqué d'appeler ou pire d'exciter certains esprits malveillants, comme l'ont entrepris allègrement certains aigles qui, se croyant au-dessus de tout, sont tombés en leur possession. Il leur est impossible de revenir en arrière car ils ne savent pas où ils sont entrés, ils ignorent même qu'ils sont entrés dans un lieu qu'ils ne maîtrisent pas et qu'il n'est pas le leur. Chez eux, l'anomalie est plus profonde qu'une simple maladie mentale, il y a en elle quelque chose de plus dangereux, de plus nuisible aux autres. Leur conscience est enfermée dans une panier d'abstractions imaginaires tandis que des consciences égarées infra-humaines agissent à leur place. Le processus est parfaitement invisible en soi. On peut cependant remarquer quelques conséquences : une certaine bizarrerie dans l'atmosphère, l'utilisation abondante de chiffres absurdes, et la multiplication de morts par coïncidence ou autres nouvelles maladies au milieu d'une indifférence très inhabituelle chez les humains, du moins chez les êtres qu'on appelait ainsi avant la "Grande Ré-aliénation" du grand timbré de Davos. 

Une grande entreprise d'inversion des valeurs universelles a lieu dans les grottes percluses du covidisme. Le bien devient le mal, et réciproquement le mal se transforme en bien pour tous. Les escrocs gouvernent et les sages sont emprisonnés. Des traînées chimiques assombrissent le ciel, supprimant sa joyeuse brillance, enveloppant un peu plus le monde dans l'illusion obscure du royaume de Rahu, qui rend inconscient du temps et de l'aspect éphémère de la vie. Le nœud lunaire Rahu symbolise l'idéologie des aigles déchus de leur capacité à s'imprégner du ciel, il favorise la haine, la jalousie, l'égoïsme, la bassesse, le vice et l'irresponsabilité, l'absence de pitié et de respect, la sensualité dogmatique, le consumérisme. Il tend à diviser et à dresser les hommes les uns contre les autres...

 

Que sont devenus les aigles ?

Le ciel se couvre de nuages noirs ne laissant qu'une ouverture oblongue qui se réduit peu à peu. Et les aigles déchus, en perdant la lumière, ressemblent à de sinistres drones qui tentent de remplir de ténèbres les derniers recoins du ciel, de l'étouffer complètement pour que la vie disparaisse dans les trappes sans retour. Mais leur combat est perdu d'avance car ils sont eux-mêmes déjà morts, possédés par la folie qui les submerge, faisant d'eux les victimes de leur propre barbarie...

Fort heureusement pour eux, aucune trappe n'est sans retour. Les ailes transparentes protègent la vie quelle qu'elle soit. Invisibles, elles se rendent partout, imprégnant les moindres particules. Elles sont déjà là, elles sont présence... Leur corps est l'espace sans limite et leurs cris sont des mantras, de vastes chants de lumière... Sur une île lointaine, il y a un phare, et les voyageurs égarés peuvent le voir, du tréfonds de leur enfer...

Syénten


 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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